dimanche 29 décembre 2013

top 5 2013

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Livres dont je parle : 

Les novellas du Quartanier :http://www.lequartanier.com/serienova.htm

Poulet grain-grain François samson-dunlop, Alexandre Fontaine Rousseau,  La mauvaise-tête  http://www.mauvaisetete.com/?p=49

Maison des Jeunes, Collectif, Les éditions de ta mère,
http://www.tamere.org/nos-livres/maison-des-jeunes/

Croquis de Québec,Guy Delisle, Pow-pow
http://editionspowpow.com/2013/08/21/croquis-de-quebec/

Aiming for the gut, Jean-Sébastien Larouche, Mivil Deschênes, L'oie de cravan
http://www.oiedecravan.com/cat/catalogue.php


samedi 30 novembre 2013

Cavalcade en cyclorama / Le Quartanier

L'auteur: 

Né en 1980 à Saint-Hyacinthe, Marc-Antoine K. Phaneuf vit à Montréal et partage son temps entre l'art actuel, la littérature, la performance et la musique électroacoustique.



Résumé: 

Cavalcade en cyclorama, lister des éléments qui ont un lien entre eux, même ténu, même absurde, ne jamais s’arrêter, ne jamais se répéter, comme dans Freeing the Memory (1976) de Marina Abramovic, une suite de mots, un fil continu, sans fil conducteur, un conducteur de locomotive, un chemin de fer, suivre la track, dérailler, perdre la carte, déparler, ne plus faire sens, sauter du coq à l’âne, cocorico, de l’humour con, un poème idiot, écrit en public en huit jours, par Marc-Antoine K. Phaneuf. 



Critique: 

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lundi 16 septembre 2013

Le sel de la Terre/ Documents / Nouveau Projet



Samuel Archibald 
L'auteur: 
Professeur au Département d’études littéraires de l’UQAM, Samuel Archibald est entre autres l’auteur d’Arvida, qui a remporté le Prix des libraires du Québec 2012. Crédit 


La critique: 


À la moitié de l'essai, je suis allé rejoindre ma femme pour la coller 5 bonne minutes

Au trois quarts du livre, je suis sortie de mon lit dans l'assurance que je n'arriverais pas à me rendormir

À la fin de l'ouvrage, j'ai callé ce qui me restait de camomille sans être nécessairement plus détendu, voir rassuré.


C'est un peu comme ça que j'ai décidé de reprendre Prosediesel, dans le confort de la beauté d'un auteur plus très méconnu de la chainsaw.

J'ai 22 ans, je suis marié pour avoir des prêts et bourse (mes parents gagnent «trop») et j'étudie en littérature, cet ouvrage ne pouvait que m'atteindre.

En sept confessions Archibald donne un portrait de la classse moyenne dont il fait partie en la critiquant et la testant à l'aide de souvenirs d'enfance ou de statistiques plus révélatrices parfois que la langue de bois des politiciens en quête de votes.

« Mon grand-père Archibald aimait Trudeau et Bourassa d'amour; mon grand-père Lévesque n'en avait que pour son lointain cousin René, pour Parizeau et pour Landry. Mon grand-père Archibald prenait pour les Canadiens; mon grand-père Lévesque, pour les Nordiques. [...] Les deux hommes partageaient cependant deux valeurs. La première était l'éducation. [...] Il fait bon se rappeler : quand la classe moyenne québécoise ne s'entendait sur rien, elle s'entendait la dessus -de l'éducation dépendait son avenir.»

Il y a aussi des côtés plus personnels, avec les inquiétudes du quotidien qui rejoignent un peu tout le monde, sans nécessairement qu'on veuille le reconnaître.

«Je trouve tout à coup que j'ai du cash en trop, je le dépense en livres ou en scotch, puis je me rappele deux heures après pourquoi je l'avais mis de côté. J'arrive au temps de l'impôt, je regarde mon T4 pis je me demande où tous ces beaux dollars sont allés. J'ai honte d'en parler devant mon grand-père, devant ma mère, devant tous mes amis qui sont bons avec l'argent, sérieux, économes, prévoyants. Je fais de mon mieux, pour m'améliorer et je me répète que je vais devenir un vrai homme, un jour, dans mes finances.»

Entre les confessions, il y a les coups de gueule, les invectives et les considérations.

«Ce n'était déjà pas gratis étudier, dans ce temps-là : c'était même un choix très couteux, à moyen terme. À 24 ans, tu as commencé à cotiser à des REER; moi, j'ai déclaré des revenus de 8000$. À 27 ans, tu as acheté ta première maison; moi, je devais a peu près 50 000$ pis j'étais même pas propriétaire de ma machine à café. Je n'ai jamais fait plus de 20 000$ avant d'avoir 30 ans. Même après ça, quand j'ai eu un poste et que j'ai commencé à gagner 60 000$ par année, j'avais tellement de dettes à rembourser que je suis resté autant dans la dèche qu'à la vingtaine. [...] Si j'ai marché dans les rues au printemps 2012, c'est parce que je pense que tous les enfants de la classe moyenne comme toi et moi devraient avoir une chance de faire ce qu'ils veulent dans la vie. Moi, je suis chanceux. Peu importe le semi-dégel ou l'indexation ou l'incitation à la performance ou je-sais-pas-quel mot niaiseux qu'ils vont inventer pour finalement trouver le moyen de passer une hausse aux étudiants, mes enfants devraient pouvoir faire les études de leur choix.
Mais les tiens?»


J'ai pas dit grand-chose en bout de compte sur ce livre, peut-être parce qu'il dit un peu tout.
Je ne sais pas c'est quoi avoir des enfants, devoir prévoir l'épicerie pour quatre, ni avoir un emploi stable, mais cet essai ma tout de même rejoint quand je pense à mes parents et à mes grand-parents qui ont travailler dur pour une bonne job et que leurs enfants se rendent à l'université.



note du critique 5/5







samedi 1 juin 2013

Radisson/Glénat





Voilà une bande dessinée à teneur historique qui nous rappelle l’époque de la Nouvelle-France et des guerres entre Français, Algonquins et Hurons contre les Iroquois. Jean-Sébastien Bérubé s’est inspiré de l’autobiographie de Pierre-Esprit Radisson pour la réaliser. 

Pierre-Esprit est un jeune Français qui décide de sortir chasser avec ses amis malgré l’interdiction du Gouverneur. Alors que ses amis sont tués, il se fait capturer par les Iroquois, qui remarquent sa bravoure et l’adoptent. Une mère iroquoise ayant perdu son garçon le traitera comme son propre fils. Il apprendra les us et coutumes du peuple et sera très apprécié. Malgré leur bel accueil, il continuera à se sentir prisonnier et à planifier son évasion.

Au début de l’aventure, on croit presque à un syndrome de Stockholm, puisque Radisson semble très bien s’adapter à sa nouvelle famille, plutôt aimante. Je n’ai pas complètement saisi comment le personnage passe d’un relatif bien-être à la décision de se sauver. Cela fait sans doute partie de sa complexité et de son côté aventurier. 

Le peuple iroquois, parfois cruel et guerrier (ils ont comme réputation de manger le cœur de l’ennemi), s’avère paradoxalement d’une grande générosité avec Radisson et fait montre d’un grand esprit communautaire. N’empêche qu’une première tentative d’évasion nous montrera que la trahison est sévèrement punie. Mais il s’agit d’un personnage plus grand que nature et encore trois bandes dessinées lui sont consacrées, donc pour notre plus grand plaisir, il n’est pas au bout de ses peines.

Un volet éducatif est présent. On apprend que le terme « Iroquois » n’était employé que par leurs ennemis, car il signifie « serpent à sonnettes » ou « langue de serpent » en algonquin. « Hodinossonis » était le terme utilisé, soit ceux qui habitent dans les maisons longues. Et que dire de Mohawk qui signifiait « mangeurs d’hommes »… Cela a de quoi frapper l’imaginaire. Dans des paysages magnifiques, on découvre les objets traditionnels et les habitations d’antan. On sent qu’une bonne recherche historique a été faite. C'est l'occasion de se plonger dans l'aventure, de s'amuser et d'en apprendre sur nos ancêtres.

Note de la critique:
3,5/5

mardi 21 mai 2013

Épique/ éditions marchand de feuilles


Le premier roman de William S. Messier, originaire de Cowansville, était Townships, en 2009. Le deuxième, Épique, c’est du bonbon. Étienne, blasé de son emploi où il scanne des items dans un entrepôt pharmaceutique, quitte son travail en emportant avec lui le gant lecteur de code-barre. Il essaiera de connaître l’essence des choses à l’aide du gant tout au long de cet été où il sera embauché comme assistant-équarrisseur pigiste (ramasseur de charognes) dans la région de Brome-Missisquoi. Par exemple, une note du centre d’emploi scannée indique 120 ml de Pepto-Bismol. Plutôt amusant comme procédé.

Étienne devra apprivoiser Jacques Prud’Homme, son collègue, une légende locale plutôt intimidante. Dans l’économie de rasage de mourir, un gars comme Prud’Homme serait multimilliardaire. Ce qui est vrai à son propos, on n’en est pas certain, ça fait partie du folklore local. Le sujet est original puisqu’on aborde un métier peu connu qui nous permet de découvrir le territoire et ses héros ordinaires. On oscille entre le récit et l’imaginaire, comme avec le gant qui peut scanner les êtres vivants ou les légendes sur les exploits de Jacques Prud’Homme.

Les jeunes adultes sont attachants, naïfs et excentriques. Les dialogues philosophiques geek entre Étienne et son amie Valvoline (costaude et non grosse, précise-t-il) sur la préférence entre le pouvoir de voler ou celui d'être invisible sont rigolos. Étienne fait aussi souvent allusion à la théorie de la relativité d’Einstein pour tenter d’accélérer le temps dans les moments ennuyeux. C'est truffé de belles réflexions absurdes.

Le sens de la dérision de l’auteur fait tout l’intérêt du livre. Par exemple dans cette visite chez Sanimal, une entreprise qui trie les carcasses chez laquelle Étienne et Jacques vont porter leurs trouvailles :  Les quelques employés qui sifflotaient l’air de «Oops! I Did It Again» en triant les carcasses (…) ne pouvaient être que des psychopathes.

Étienne déteste qu’on lui demande ce qu’il veut faire dans la vie, par contre, il prend son rôle d’équarrisseur très au sérieux lors de cet été où un nombre incroyable de carcasses doivent être ramassées le même jour et où la pluie dure cinq longues semaines. De là le titre Épique. Une lecture rafraîchissante pendant laquelle le sourire s’agrandit au fil des pages.

Note de la rédactrice: 4/5

dimanche 7 avril 2013

J'ai eu peur d'un quartier autrefois / Hurtubise


Patrick Drolet est connu en tant qu’acteur, mais il est aussi l’auteur du recueil poétique Un souvenir ainsi qu’un corps solide ont plusieurs tons de noirceur et du roman J’ai eu peur d’un quartier autrefois.

La déroutante histoire de ce court roman est faite d’images fortes et de descriptions étranges. De nombreuses personnalisations rendent le récit vivant. La porte d’entrée était figée dans son cadre. Elle semblait vouloir pleurer l’humidité par ses pores. L’homme est plus intéressé par les objets que par les gens, dont il se tient loin. Il craint autant de répondre à l’enfant qui fait du porte-à-porte que de tenir une conversation avec un chauffeur de taxi. Une solitude profonde l’habite, mais elle est désirée.

Au début, la mort violente du voisin semble déclencher ses angoisses et une peur de l’extérieur. Puis on découvre que l’homme correspondait avec un prête qu’il avait connu au collège, mais cela a été interrompu dans des circonstances nébuleuses qu’il décide d’éclaircir pour n’en revenir que plus troublé. Le seul moment où le réel prend davantage le dessus est lors de l’évocation des souvenirs du collège. Le reste du temps, on dépeint un imaginaire trouble où paranoïa et divagations sont omniprésentes. Le récit, à la première personne, révèle les cauchemars éveillés et les pensées intimes de l’homme.

Pendant ma lecture, il m’est revenu en tête un classique, Le Horla de Maupassant, à cause de l’ambiance angoissante de l’histoire laissant imaginer que soit le personnage est fou, soit il perçoit une dimension terrorisante et invisible pour le commun des mortels. Par exemple, un jour, il observe une voiture qui ne lui renvoie pas son reflet et il entre en contact avec elle. J’arrivais à présent à sentir l’historique de la voiture, sa naissance en banlieue de Detroit, son premier maître, un médecin de Pittsburgh, qui s’était suicidé à l’intérieur d’elle en s’asphyxiant avec un sac de plastique. Il prétend aussi percevoir une ombre cannibale qui rôde, un charmant synonyme pour la Faucheuse.

L’univers menaçant intrigue, fascine et déstabilise. On se laisse prendre au jeu non sans une certaine confusion. Est-ce qu’on a du plaisir pendant le voyage même s’il n’y a pas forcément de destination précise? Tout à fait.

Note de la rédactrice : 3,5/5

mardi 26 mars 2013

Boumeries t.1/ t.2 / auto-édition

Boumeries / Boum (Samantha Leriche-Gionet) 





L'auteure : Samantha Leriche-Gionet accumule les papiers d'animation depuis neuf ans, armée de son diplôme d'études collégiales en Dessin animé et de son baccalauréat en Animation de films obtenu à l'université Concordia.
Ses courts-métrages étudiants ont été présentés dans plus de soixante festivals, tels que le Festival international du film d'animation d'Annecy, le Festival international d'animation d'Ottawa, Fantoche Int'l Animation Festival, DOK Leipzig, Anima Mundi, Chicago Int'l Children's Film Festival, Int'l Short Film Festival Oberhausen, les Rencontres Internationales du Cinéma d'Animation de Wissembourg, Cinanima et les Sommets de l'Animation de Montréal, et fait le tour du monde en passant par les États-Unis, la France, l'Inde, l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, le Portugal, l'Irlande, la Corée du Sud, la République tchèque, le Brésil, le Royaume-Uni et le Canada.
Ses travaux illustrés ont été publiés dans des artbooks tels que CFSL, COLORS Charity Artbook, Drawgasmic, SUGAR NINJAS, ERRI et Domestic Etch, et dans des recueils de bandes dessinées comme MERURE tomes 1, 2 et 3. Elle a également participé à des expositions collectives, notamment Drawgasmic (St. Louis, É-U) et l'Hommage à Sky Doll (Montréal, Canada).
Récemment, elle s'est mise à apprécier le linge des années quatre-vingt (probablement plus qu'elle ne le devrait), à traîner dans les photomatons de plus en plus, à arborer des coiffures bizarres, des chapeaux de Boy George et des chaussures aqua juste pour embêter sa mère, et à se bourrer de gelato au chocolat en tant que récompense d'un travail bien fait.
Elle vit et travaille présentement dans l'est de Montréal, Canada avec son amoureux coloc Pierre-Luc.


Mise au point : Avant de rédiger cette critique, il m'apparaissait important de spécifier la catégorisation que je fais en sous-genre de la B.D. Je suis de ceux qui voient une différence  dans le genre entre une bande dessinée et un roman graphique. Un roman graphique est pour moi une histoire contée en plusieurs pages , par exemple Maus,V for Vendetta ou Blankets.  Une bande dessinée est, elle, un ensemble de petite histoire en bandes qui ne constitue par l'ensemble du livre même s’il peut y avoir une résurgence de thèmes et de personnages. Cependant, il ne faut pas se fier à la forme pour définir les sous-genres, car Tintin ou Asterix serait pour moi un roman graphique et Gaston la gaffe ou Garfield une BD. D'autant plus, que nous pouvons retrouver des bds dans un autre modèle que cartonné, par exemple : les Notes de Boulet ou Yves, le roi de la cruise.  Ceci est bien sur ma sorte de traduction des catégories du genre soumises par la réalité américaine et qui est parfois dure à expliquer vu qu'un des sous-genres porte le même nom que le genre principal. Cette distinction ne réside pas dans la linguistique, car pour moi une histoire de super héros est un comics. Ceci dit, il vous sera plus appréciable de comprendre mon raisonnement quand je parle de ce genre dans mes critiques.  
-Un simple clic pour agrandir les images- 




Critique :
 J'avais beaucoup aimé la lecture du roman graphique La petite révolution publiée chez Frond Froid. Récipiendaire du premier concours lancé par la maison d'édition, elle a vu son histoire publiée et rapidement appréciée par le milieu au Québec. Mais cette critique ne parlera pas de ce roman graphique, mais «le à côté» de l'auteure, deux petites bds publiées respectivement en 2011 et 2012. La différence entre La petite révolution  et Les boumeries est majeure, il n'y a aucune ressemblance dans le propos, la forme ou le style de dessin, ce qui est surprenant. Les deux ouvrages  Les boumeries sont des b.ds autofictionnelles tirées du blogue de l'auteure où elle raconte des événements de sa vie quotidienne. C'est en fait toute la force des scénarios qui rend les petites histoires si intéressantes.


 

Le matériel qu'elle utilise consiste en son côté geek, ses rêves, ses obsessions, sa vie de couple et son environnement  de travailleuse à la maison, toutes situations qui pourraient  paraître banales au premier abord, mais se transforme vite en petits moments dramatiques ou ludiques. Les références aux jeux vidéos m'ont fait particulièrement rire, car elles renvoyaient à un côté geek qui me rappelait parfois Boulet, un autre bédéiste que j'affectionne beaucoup. Souvent, elle explique aussi les situations, ou les jeux vidéos, pour être certaine que la compréhension soit faite. 




Je crois que comme Boulet, c'est surtout le caractère attachant du personnage avec ses petites lubies qui rendent si intéressantes les b.ds. Le fait que l'obsession pour des toilettes nous soit toujours racontée et qu'elle atteigne même ses rêves rend au paroxysme l'invraisemblable et l'humour de la situation.  Rajoutez à ça la capacité de l'auteure de minimaliser une histoire en trois cases ( généralement) et vous avez le genre de bds que j'adore. 



Vous pouvez la lire ici (en anglais) 
Note du critique 5/5 (j'ai ris encore en la relisant pour la critique.)